Karl Marx et l’exploitation de la nature

Michaël Borremans. — « Red Hand, Green Hand » (Main rouge, main verte), 2010 Photographie : Peter Cox - Zeno X Gallery, Anvers

Karl Marx et l’exploitation de la nature,Le Monde diplomatique (June 2018), [Portugues translation in Le Monde diplomatique Brasil, July 3, 2028; Italian translation in Rifondazione Communista, June 26, 2018; Danish translation in Le Monde diplomatique, Norges Mest Internasjonale Avis, June 2018]

Michaël Borremans. — « Red Hand, Green Hand » (Main rouge, main verte), 2010 Photographie : Peter Cox - Zeno X Gallery, Anvers
Michaël Borremans. — « Red Hand, Green Hand » (Main rouge, main verte), 2010
Photographie : Peter Cox – Zeno X Gallery, Anvers

Ces dernières années, l’influence croissante des questions écologiques s’est notamment manifestée par la relecture à travers le prisme de l’écologie de nombreux penseurs, de Platon à Mohandas Karamchand Gandhi. Mais, de tous, c’est sans aucun doute Karl Marx qui a suscité la littérature la plus abondante et la plus polémique. Anthony Giddens a ainsi affirmé que Marx, bien qu’il ait témoigné d’une sensibilité écologique particulièrement développée dans ses premiers écrits, avait ensuite adopté une « attitude prométhéenne » envers la nature. De la même manière, Michael Redclift remarque que, pour lui, l’environnement avait pour fonction de « rendre les choses possibles, mais toute valeur découlait de la force de travail ». Enfin, selon Alec Nove, Marx croyait que « le problème de la production avait été “résolu” par le capitalisme et que la future société des producteurs associés n’aurait donc pas à prendre au sérieux le problème de l’usage des ressources rares », ce qui signifie qu’il était inutile que le socialisme ait une quelconque « conscience écologique ». Ces critiques se justifient-elles ?